|
Guignol est né d'un père qui était instinctivement l'homme de théâtre génial, Laurent Mourguet (1769-1844)), un ouvrier en soie contraint, au lendemain de la révolution, de se reconvertir en marchand forain, puis arracheur de dents sur la place publique. La tradition parisienne de Brioché voulait que, pour attirer la clientèle, l'arracheur de dents joue des marionnettes. Laurent Mourguet se met donc à improviser des scènes, avec Polichinelle, puis avec des poupées de son invention. C'est ainsi qu'apparait Gnafron, au début du XIXème siècle, puis Guignol vers 1808. Entre 1840 et 1870, Guignol connait une expansion étonnante, Les marionnettistes s'installent dans les cafés, et travaillent pour un public d'ouvriers et de dockers du port d'Ainay, qui viennent boire un verre après le travail. Guignol est pour eux un divertissement, mais il joue aussi un rôle de gazette : il commente les menus faits de la journée, les évènements de la ville, du quartier... C'est véritablement dans le théâtre de Guignol que la verve facétieuse lyonnaise connait son plein épanouissement. La bonhommie d'une solide philosophie de la vie, imperméable à toutes les péripéties de nature conjugale, professionnelle ou sociale, permet aux quelques personnages centraux, toujours démunis, de sortir vainqueurs de la plupart des situations.
|